Quelles sont les causes et conséquences des gains de productivité ?

Jean-Christophe Giuliani

Les gains de productivité et le partage de ces gains sont des enjeux économiques, politiques et sociaux majeurs. Afin de mieux appréhender ces enjeux, nous aborderons les causes, les modes de calcul et les conséquences des gains de productivité.

La production des BMW : Il n’y à pratiquement plus de salariés

« Dans très peu d’années – j’entends au cours de notre propre existence – il nous sera peut-être possible d’accomplir tous les actes que demandent l’agriculture, l’extraction des mines, et la fabrication des objets en ne fournissant que le quart des efforts auxquels nous sommes habitués. Actuellement, l’extrême rapidité avec laquelle se produisent tous ces bouleversements nous blesse, et nous oblige à résoudre de difficiles problèmes. Les pays qui souffrent le plus modérément sont ceux qui ne sont pas à l’avant-garde du progrès. Nous sommes atteints d’un nouveau mal, dont certains lecteurs ne connaissent peut-être pas encore le nom – le chômage technologique. Il désigne le chômage causé par la découverte de procédés nouveaux qui économisent la main-d’œuvre alors que la découverte de nouveaux débouchés pour celle-ci s’avère un peu plus lente. Mais il n’y a là qu’un état temporaire de réadaptation. Tout ceci signifie, en fin de compte, que l’humanité est en train de résoudre le problème économique. » John Maynard Keynes [1]

Quelles sont les causes des gains de productivité ?

Les gains de productivité sont générés par le progrès technique (matériels agricoles, outils de production, moyens de transport, TIC, etc.) et l’organisation du travail. Ces innovations provoquent une transformation des moyens et des méthodes de production, de l’organisation du travail, des produits, des marchés et des structures de l’économie.

Les premiers gains de productivité sont apparus dans l’agriculture. Le progrès des outils de production agricole (tracteurs, charrues, moissonneuses batteuses, etc.) a permis de réduire le temps de travail et le nombre d’ouvriers agricoles. De 1950 à 2013, tandis que la productivité horaire du travail de l’agriculture progressait de 3 024 %[2], ses effectifs diminuaient de 86 %. Les gains de productivité générée dans l’agriculture ont permis de libérer la main-d’œuvre indispensable à l’essor de la production minière et industrielle.

Permettant de produire plus avec moins de temps et de main-d’œuvre, le progrès des outils de production industrielle (usines numériques, robots, etc.) a permis de générer d’importants gains de productivité. De 1950 à 2013, tandis que la productivité horaire du travail de l’industrie progressait de 1 482 %, ses effectifs diminuaient de 38 %[3]. Dans les usines modernes, les ouvriers ayant été remplacés par des robots, ceux qui y travaillent encore ne sont plus chargés de la production, mais de la maintenance et de l’entretien.

L’évolution technique des technologies de l’information et de la communication (TIC) : les ordinateurs, les téléphones mobiles, la visioconférence, les logiciels de traitement de l’information (ERP, CAO, FAO, CGDT, etc.) et les réseaux de circulations de l’information (semi-conducteurs, puces RFID, Internet, etc.) ont permis d’accélérer le processus de collecte, de traitement et de circulation de l’information.

Le progrès des moyens de transport (voiture, train, avion, etc.) et des infrastructures de transport (autoroute, port, aéroport, ligne à grande vitesse, etc.) permettent d’accélérer la circulation des voyageurs, des salariés, des matières premières et des marchandises au niveau local, national et mondial. Désormais, ce n’est plus la distance qui détermine la durée d’un trajet, mais le moyen de transport (train corail ou TGV) et l’infrastructure du moyen de transport (ligne ordinaire ou ligne à grande vitesse). Sur la ligne à grande vitesse, il faut 4 heures à un TGV pour effectuer les 979 km qui séparent Lille à Marseille. Tandis que sur la ligne ordinaire, il faut 3 heures à ce même TGV pour effectuer les 198 km qui séparent Marseille à Nice. En réduisant la durée et le coût des transports, les moyens de transport modernes facilitent les échanges internationaux et les délocalisations. Grâce à la réduction des coûts de transports et à la suppression des droits de douane, il est plus rentable de produire un ordinateur en Chine qu’en France.

Les gains de productivités horaires sont également dus aux multiples méthodes d’organisation du travail (Taylorisme, Fordisme, Toyotisme, Lean Six Sigma[4], KAIZEN, méthode projet, MERISE, etc.) qui procurent aux ingénieurs et aux consultants en organisation les moyens de restructurer le processus de production des entreprises. Le Toyotisme, qui consiste à produire à flux tendu et à limiter les stocks à zéro, nécessite l’intégration et la synchronisation des outils de production, des systèmes de suivis et de traitement de l’information et de la logistique. Les restructurations permettent de réduire le gaspillage d’énergie, de matière première et de temps. Les gains de temps générés par l’organisation du travail provoquent un surplus de main-d’œuvre, et donc, des licenciements. Contribuant à la réduction des coûts de production et des charges salariales, ces restructurations permettent d’augmenter les bénéfices de l’entreprise.

  • Comment mesurer les gains de productivité ?

Étant donné qu’elle permet de mesurer le dynamisme économique d’un salarié, d’un atelier, d’une entreprise ou d’un pays, la productivité est un indicateur important de l’économie. La productivité consiste à produire plus en utilisant moins de facteurs de production. Elle mesure le rapport entre une production et la quantité de facteurs (capital, effectifs et heures de travail) mis en œuvre pour la réaliser. La productivité peut mesurer la productivité physique du travail, la productivité du capital, la productivité du travail et la productivité horaire du travail.

– La productivité physique du travail mesure la quantité de production réalisée par une unité de facteur.

Productivité physique du travail

Par exemple, il est possible de calculer le rendement d’un salarié (nombre de pièces réalisées par un salarié pendant une heure de travail) ou d’une machine (nombre de pièces réalisées par une machine pendant une heure de fonctionnement de la machine). Si 100 salariés produisent 10 000 pièces, la productivité du travail sera de 10 000/100 = 100 pièces par salarié. Chaque salarié produit en moyenne 100 pièces.

– La productivité du facteur capital mesure la valeur ajoutée générée par un euro de capital investi.

Productivité du capital

Par exemple, si un capital 10 000 € génère une valeur ajoutée de 100 000 €, la productivité du capital sera de 100 000/10 000 = 10 € par euro investi. Chaque euro investi génère en moyenne 10 € de valeur ajoutée.

– La productivité du travail mesure la valeur ajoutée produite par un salarié.

Productivité du travail

Par exemple, si 100 salariés génèrent 100 000 € de valeur ajoutée, la productivité du travail sera de 100 000/100 = 1 000 € par salarié. Chaque salarié génère en moyenne 1 000 € de valeur ajoutée.

La productivité horaire du travail mesure la valeur ajoutée générée par le nombre d’heures de travail.

Productivité horaire du travail 1

Par exemple, si 5 000 heures de travail génèrent 100 000 €, la productivité horaire du travail sera de 100 000/5 000 = 20 € par heure de travail. Chaque heure de travail génère en moyenne 20 € de valeur ajoutée.

Pour calculer la productivité horaire du travail, l’INSEE prend en compte le nombre d’heures de travail qui est égal à la durée individuelle moyenne du travail multiplié par les effectifs.

Productivité horaire du travail 2

Par exemple, si 100 salariés, qui travaillent en moyenne 50 heures, génèrent une valeur ajoutée de 100 000 €, la productivité horaire du travail sera de 100 000/(100 x 50) = 20 € par heure de travail. Chaque heure de travail d’un salarié génère en moyenne 20 € de valeur ajoutée.

Le graphique ci-dessous présente la croissance de la productivité horaire du travail et du taux de productivité horaire de 1950 à 2013.

Productivité horaire du travail et taux de productivité horaire de 1950 à 2013

Productivité et taux croissance

-Source (d) : Insee, moyennes heures de travail par branche, Comptes nationaux, Base 2010.
-Source (e) : Insee, 6.208 Emploi intérieur total par branche en nombre de personnes, Comptes nationaux, Base 2010.
-Source (VA) : Insee, 6.202 Valeur ajoutée brute par branche en volume aux prix de l’année précédente chaînés, Comptes nationaux, Base 2010.

L’analyse du graphique ci-dessus fait apparaître que de 1950 à 2013, en passant de 5,9 € à 46,1 €[5] de l’heure de travail, la productivité horaire du travail a progressé en moyenne de 681 %. En 2013, 1 heure de travail produit 7,8 fois plus de valeur qu’en 1950. Même si l’écart entre le taux de croissance de la productivité horaire de 2012 à 2013 est seulement de 0,5 %, la valeur générée par cet écart est plus élevée que celle de 1949 à 1950. En effet, tandis que de 1949 à 1950, la valeur créée par le taux de croissance de la productivité horaire de 3,8 % était de 0,2 € de l’heure, celle créée par la croissance de 2012 à 2013 était de 0,4 € de l’heure. De 1950 à 1969, il a fallu 19 ans et un taux de croissance de la productivité horaire du travail de 165 % pour générer une productivité horaire du travail de 9,7 €. De 1995 à 2013, il a fallu 18 ans et un taux de 27,1 % pour générer une productivité horaire de 9,8 €. À taux de croissance équivalente, tandis que 1 % de croissance en 1951 produisait seulement 0,06 €, en 2013, il produit 0,5 €, soit 8,3 fois plus de valeur, soit un écart de 733 %. Après avoir présenté l’évolution de la productivité horaire, il apparaît pertinent d’étudier le lien entre la productivité horaire du travail et la hausse du chômage.

Quelles sont les conséquences des gains de productivité ?

Les gains de productivité permettent de produire plus de biens et de services avec moins de salariés et de temps de travail. Afin d’illustrer ce lien, nous prendrons l’exemple de l’usine de production automobile Alpha.

– En 1950, l’usine Alpha produisait 10 voitures (5 A et 5 B) avec 40 salariés et 100 heures de travail.

Gain prod uzine A 2007

– En 2013, l’usine Alpha produit 100 voitures (50 A et 50 B) avec 20 salariés et 50 heures de travail.

Gain productivité uzine A

En 1950, l’usine Alpha avait besoin de 50 heures de travail et de 20 salariés pour produire 5 voitures de modèle A et B. En 2013, il lui fallait seulement 25 heures de travail et 10 salariés pour en produire 50. Le progrès technique et l’organisation du travail ont permis à l’usine Alpha d’utiliser 2 fois moins de temps et de salariés pour produire 10 fois plus de voitures. De 1950 à 2013, en passant de 7,3 € à 73,3 €, la productivité horaire de la fabrication de matériel de transport a progressé de 908 %[6]. De 2000 à 2007, en atteignant 30 heures, Chrysler a réduit de 14 heures le temps d’assemblage moyen d’un véhicule. Lorsque la productivité augmente, les effectifs des entreprises baissent. À court et moyen terme, ce processus est responsable de la hausse du chômage.

Ayant démontré que ce n’était pas la faiblesse de la croissance du PIB, mais la croissance des gains de productivité qui était responsable de la baisse des effectifs des entreprises, et donc, de la hausse du chômage, il apparaît pertinent d’étudier le lien qui unit la croissance du PIB et des gains de productivité horaire avec la hausse du chômage.

-Si la croissance du PIB en volume > croissance de la productivité horaire = Création d’emplois.

-Si la croissance du PIB en volume < croissance de la productivité = Destruction d’emplois.

-Si la croissance du PIB en volume = croissance de la productivité = Emploi stagne ou stable.

Si la croissance du PIB en volume est supérieure à la croissance des gains de productivité horaire, le surplus d’activité généré permet de créer des emplois. Par contre, si la croissance du PIB est inférieure à la croissance des gains de productivité, la croissance de l’activité économique n’est pas suffisante pour compenser les destructions d’emplois provoqués par les gains de productivité. Plus l’écart est important, plus les effectifs des entreprises diminuent, plus le nombre de demandeurs d’emploi augmente.

Le graphique ci-dessous présente le lien entre le taux de croissance du PIB en volume, la productivité horaire et l’évolution des effectifs des entreprises par branche.

Taux de croissance, productivité horaire et évolution des effectifs de 1950 à 2013

Corrélation PIB productivité chômage

–  Source : Insee, 6.215 Productivités horaires du travail par branche, comptes nationaux, base 2010,

–  Source : Insee, 6.209 Emploi intérieur total par branche en nombre d’équivalents temps plein, comptes nationaux, base 2010.

–  Source : Insee, 1.102 Le produit intérieur brut et ses composantes en volume aux prix de l’année précédente chaînés, comptes nationaux, base 2010.

Le graphique ci-dessus illustre parfaitement la corrélation entre le taux de croissance du PIB en volume et les gains de productivité horaire du travail avec les effectifs des entreprises. Lorsque la croissance du PIB ne parvient pas à compenser les destructions d’emploi provoqué par les gains de productivité, il y a une augmentation du nombre de demandeurs d’emploi. De 1958 à 1961, le cumul de l’écart entre la croissance du PIB et la productivité horaire étant de -2%, les effectifs des entreprises ont diminué de 128 mille salariés. De 1981 à 1985, le cumul de l’écart étant de -9,8 %, les effectifs ont diminué de 168 mille salariés. De 1992 à 1993, le cumul étant de -2,8 %, les effectifs ont diminué de 395 milles personne. La dernière forte baisse d’effectifs est consécutive à la crise de 2008. En 2009, comme l’écart était de -2,9 %, les effectifs ont diminué de 309 milles personne. La baisse des effectifs a provoqué la hausse du chômage.

À l’inverse, lorsque la croissance du PIB est supérieure à celle de la productivité horaire, les effectifs des entreprises augmentent, ce qui se traduit par des créations d’emplois. De 1963 à 1966, le cumul de l’écart entre la croissance du PIB et la productivité horaire étant de 2,7 %, les effectifs des entreprises ont augmenté de 591 mille salariés. De 1986 à 1991, le cumul de l’écart étant de 5,8 %, les effectifs ont augmenté de 1,2 million de salariés. De 1994 à 2001, le cumul de l’écart étant de 3,9 %, les effectifs ont augmenté de 2,7 millions de personnes. L’écart étant relativement faible sur 7 ans, l’augmentation des effectifs est en partie due à la loi Aubry sur les 35 heures. De 2004 à 2008, le cumul de l’écart étant de 5 %, les effectifs ont augmenté de 1 million de salariés.

Cette analyse démontre que ce n’est pas le faible taux de croissance du PIB, mais la hausse plus élevée du taux de croissance des gains de productivité qui est responsable de la hausse du chômage. Même si la productivité horaire du travail explique en partie la hausse du chômage, il ne faut pas oublier que les gains de productivité et les licenciements provoqués par ces mêmes gains génèrent un bénéfice brut d’exploitation ou un excédent brut d’exploitation (EBE). À partir de ce constat, il apparaît pertinent de se poser ces questions : est-ce que ce sont les gains de productivité ou la répartition des bénéfices générés par ces gains qui seraient responsables de la hausse du chômage ? Pour y répondre, il apparaît pertinent d’aborder les enjeux de la répartition des gains de productivités et des bénéfices générés par ces gains.

Les gains de productivité ont de multiples répercussions directes et indirectes sur la croissance du PIB, et donc, la création d’emplois. Le schéma ci-dessous présente les conséquences économiques, politiques et sociales de la répartition des bénéfices bruts d’exploitation ou de l’excédent brut d’exploitation (EBE) générés par les gains de productivité à court, moyen et long terme.

Les enjeux de la répartition des gains de productivité

Conséquences gains de productivité GT

Pour télécharger ce schéma sous un format PDF : Conséquences des gains de productivité

Le progrès technique et l’organisation du travail provoquent la hausse des gains de productivité. Afin de réduire ses coûts de production et d’améliorer sa compétitivité, une entreprise fait appel à des consultants en organisation pour mettre en œuvre un plan de restructuration. À court terme, cette restructuration provoque une baisse des coûts de production et un surplus d’heures de travail. Ayant besoin de moins de temps de travail pour produire plus, l’entreprise se retrouve avec un surplus d’heures de travail. Étant donné que le salarié vend son temps en échange d’un salaire, avoir un surplus d’heures de travail équivaut à avoir un surplus de salariés, mais surtout, un surplus de charges salariales. En effet, même si l’entreprise a besoin de moins d’heures de travail, elle doit quand même rémunérer ce surplus de salariés. Afin de diminuer ses charges salariales, elle a le choix entre deux solutions : réduire ses effectifs ou réduire le temps de travail.

Si l’entreprise choisit de réduire le temps de travail, elle répartit l’ensemble des heures de travail et des charges salariales entre tous les salariés. En répartissant les heures et les charges, elle augmente ses bénéfices et évite de procéder à des licenciements. Comme les salariés travaillent moins, à taux horaire constant, ils gagnent moins. Afin de compenser la perte de revenu consécutive à la réduction du temps de travail, l’entreprise peut augmenter les salaires en partageant une partie des bénéfices générés par les gains de productivité. En faisant ce choix, l’entreprise maintient ses effectifs sans provoquer l’augmentation de son activité. Ne nécessitant pas de relancer la croissance du PIB pour créer des emplois, ce choix ne contribue pas à rejeter du CO2 et à gaspiller des matières premières, des ressources énergétiques et des ressources naturelles.

Si l’entreprise choisit de réduire ses effectifs, à court terme, les licenciements contribuent à la baisse de ses charges salariales et à la hausse du chômage. Étant donné qu’ils contribuent à réduire les surplus de salariés, et donc, d’heures de travail, les licenciements apparaissent comme une forme déguisée de réduction du temps de travail. La baisse des charges contribue à l’augmentation des bénéfices bruts d’exploitation. C’est à ce moment qu’intervient l’enjeu de la répartition de ces bénéfices. En effet, à moyen et long terme, en fonction du mode de redistribution de ces bénéfices : la baisse des prix des produits, la hausse des investissements (R&D et outil de production), la hausse des salaires, la hausse des impôts sur les bénéfices, la hausse des dividendes versée aux actionnaires ou la hausse des investissements sur les marchés financiers, ces bénéfices permettront de stimuler la croissance du PIB, et donc, de créer des emplois ou de provoquer la hausse du chômage. Pour toutes ces raisons, la répartition des bénéfices générés par les gains de productivité apparaît comme un enjeu économique, politique et social majeur.

Les enjeux de la répartition des bénéfices générés par les gains de productivité.

La répartition équitable des bénéfices générés par les gains de productivité est un enjeu économique, politique et social majeur. En effet, à moyen terme, en fonction du mode de redistribution (baisse des prix ou hausses des investissements, des salaires, des impôts ou des dividendes), ces bénéfices permettront de stimuler la croissance du PIB, et donc, de créer des emplois ou de provoquer la hausse du chômage.

  • Redistribuer les bénéfices en faveur des ménages et de l’État.

Les bénéfices générés par les gains de productivité et la baisse des charges salariales peuvent être redistribués aux ménages sous la forme d’une baisse des prix. En baissant ses prix, l’entreprise obtient un double avantage. En augmentant le pouvoir d’achat des ménages, elle provoque une hausse de la consommation. En obtenant un avantage compétitif sur ses concurrents, elle augmente ses parts de marchés et ses exportations. À moyen terme, en stimulant l’activité économique, la baisse des prix provoque la hausse de la production, et donc, une hausse des créations d’emplois.

Ces bénéfices peuvent également être redistribués à l’État sous la forme d’impôts. En 2013, les dépenses des administrations publiques contribuaient à 24,1 % du PIB[7]. En payant ses impôts, l’entreprise finance l’éducation, la santé, la construction d’infrastructures (route, ligne TGV, etc.), l’armement, etc. Ces investissements contribuent directement (commande d’avions de chasse) ou indirectement (éducation) à stimuler l’activité des entreprises. En stimulant l’activité économique, ces hausses d’impôts stimulent la croissance du PIB qui se traduit, à moyen terme, par des créations d’emplois. Par contre, si ces impôts contribuent à rembourser les intérêts de la dette publique, il n’y a pas de stimulation de l’activité économique, et donc, de création d’emplois.

  • Redistribuer les bénéfices en faveur des actionnaires ou des salariés.

Avant d’aller plus loin dans le raisonnement, il ne faut pas perdre de vue que la finalité d’une société non financière ou d’une multinationale n’est pas de créer des emplois et d’améliorer les conditions de vie de ses salariés, mais de générer des profits pour ses actionnaires. Les bénéfices générés par les gains de productivité peuvent être redistribués aux actionnaires (fonds de pension, banques et investisseurs privés) sous la forme de dividende ou aux salariés sous la forme d’une hausse de salaires ou d’avantages sociaux (retraite, assurance maladie et allocation familiale, congés payés, etc.). Le graphique ci-dessous présente le partage de la valeur ajoutée des sociétés non financières de 1950 à 2013.

Le partage de la valeur ajoutée des sociétés non financières de 1950 à 2013

Partage valeure ajouté

–  Source : Insee, 7.101 Compte des sociétés non financières (S11), comptes nationaux, base 2010.

De 1949 à 1982, en passant de 68,1 % à 73,3 %, la part de la valeur ajoutée versée aux salariés (salaires bruts + cotisations sociales patronales) des sociétés non financières a augmenté de 5,2 %. Sur la même période, en passant de 1,3 % à 4,9 % la part versée aux actionnaires a augmenté de 3,6 %. À partir du milieu des années 80, les actionnaires ont commencé à exiger un taux de rentabilité minimum de 15 %. Ces exigences ont eu des répercussions sur le partage des bénéfices. De 1983 à 2013, tandis que la part de la valeur ajoutée versée aux salariés a diminué de 6,7 %, celle versée aux actionnaires a augmenté de 13,2 %. En 2007, avant la crise des SUBPRIMES de 2008, la part versée aux actionnaires était de 27 %.

Comme les dividendes versés aux fonds de pension, aux banques et aux investisseurs privés sont à nouveau placés sur les marchés financiers, ils ne contribuent pas à relancer la consommation et la croissance du PIB, et donc, à la création d’emplois. Lorsqu’un krach boursier se produit (1987, 2001, 2008, etc.), les bénéfices générés par les gains de productivité, les restructurations et la baisse des charges salariales sont absorbés par l’effondrement du cours des actions et des titres. Le krach boursier de 2008 a fait disparaître une partie des dividendes versés aux actionnaires.

La redistribution des bénéfices au profit des actionnaires a provoqué une stagnation, voire une baisse du pouvoir d’achat des ménages. Tandis qu’en 1982, la consommation des ménages contribuait à 55,2 % du PIB, en 2013, elle ne contribue plus qu’à auteur de 53,3 %[8]. La baisse du pouvoir d’achat des ménages a provoqué une baisse de la consommation qui s’est traduite par un ralentissement de l’activité économique, de la croissance du PIB, des effectifs des entreprises, et donc, par une hausse du chômage. Si les bénéfices étaient redistribués aux salariés, la hausse des salaires provoquerait une hausse de la consommation qui relancerait la croissance du PIB, et donc, à moyen terme, contribuerait à créer des emplois. C’est ce processus de redistribution qui a permis de soutenir un taux de croissance élevé durant les 30 glorieuses.

  • Les bénéfices peuvent être investis ou placés sur les marchés financiers.

Les bénéfices générés par les gains de productivité peuvent être investis dans la recherche et le développement (R&D), l’outil de production ou placé sur les marchés financiers. Le graphique ci-dessous présente la courbe des profits financiers et des investissements des sociétés non financières.

Part des profits financiers et des investissements des sociétés non financières.

Investissement et profits financier

–  Source : Insee, 7.101 Compte des sociétés non financières (S11), comptes nationaux, base 2010.

–  Source : Insee, 4.101 Principaux ratios des comptes des sociétés non financières (S11) et des entreprises individuelles non financières (S14AA), comptes nationaux, base 2010.

En étudiant le partage de la valeur ajoutée des sociétés non financières, il apparaît que leurs profits ne proviennent plus exclusivement de leurs activités économiques traditionnelles, mais de placements financiers. De 1949 à 1973, la part des profits financiers des sociétés non financières se situait entre 1,3 et 3,2 % de la valeur ajoutée. Sur la même période, la part de la valeur ajoutée consacrée à l’investissement se situait entre 29 et 23,7 %. À partir du milieu des années 70, la part des profits financiers n’a pas cessé de croître. En 2007, juste avant la crise des SUBPRIMES, la part de ces profits représentait 27 % de la valeur ajoutée des sociétés non financières. À l’inverse, à partir de 1975, la part des investissements n’a pas cessé de diminuer. En 1995, ils ne représentaient plus que 19,7% de la valeur ajoutée. Depuis 1996, ils fluctuent entre 20 % et 23 %, en fonction de la rentabilité des marchés financiers. Ces deux courbes mettent en évidence que les sociétés non financières placent davantage de capitaux sur les marchés financiers qu’elles n’investissent dans la R&D et l’outil de production.

Pourquoi les sociétés non financières favoriseraient-elles les placements sur les marchés financiers au détriment de l’investissement ? Dans un système de marché concurrentiel, pour pérenniser son activité, une entreprise doit être toujours plus compétitive et innovante que ses concurrentes. Le rôle de la R&D est de générer des innovations et des brevets dont la finalité est de créer de nouveaux produits ou d’introduire de nouvelles méthodes de production. En commercialisant un nouveau produit, l’entreprise s’octroie un monopole temporaire et un avantage compétitif qui lui permettent de conquérir des parts de marché en augmentant ses prix, sa marge bénéficiaire et ses profits. Lorsque Apple a pris le risque de développer et de commercialiser l’iPad, il a bénéficié d’un avantage compétitif qui lui a permis de vendre ses planchettes avec une marge et un prix de vente relativement élevé. Les profits générés par l’iPad ont permis à Apple d’investir dans la R&D et de distribuer des dividendes importants à ses actionnaires.

L’offre de biens et de services marchands étant saturée, le choix d’un investissement est une prise de décision de plus en plus risquée qui engage l’avenir d’une entreprise. Un nouveau produit génère des bénéfices s’il se vend sur le marché. S’il ne se vend pas, il représente un coût, et donc, une perte. En effet, malgré le coût élevé d’un investissement, le retour sur investissement n’est pas garanti. Chaque année, sur les 20 000 nouveaux produits proposés aux consommateurs européens, 90 %[9] sont des échecs commerciaux. Sur 20 000 nouveautés, seules 2 000 permettront de faire des bénéfices et un retour sur investissement. Le succès de l’iPad masque l’échec de milliers de nouveaux produits, tel que Google Glass, dont la conception et la commercialisation ont nécessité un investissement très important.

Le taux d’échec des innovations étant relativement élevé, les investissements apparaissent plus risqués que les placements sur les marchés financiers. Étant donné que depuis le milieu des années 80, les actionnaires exigent un taux de rentabilité minimum de 15 %, les profits générés par les placements financiers peuvent être plus élevés que ceux de l’activité réelle de l’entreprise. Si un placement de 100 € rapporte 15 € et qu’un investissement de 100 € rapporte 5 €, d’un point de vue purement financier, il apparaît plus rentable et « moins risqué » d’investir sur les marchés financiers. Lorsqu’un krach boursier se produit, les bénéfices générés par les gains de productivité, les restructurations et la baisse des charges salariales sont absorbés par l’effondrement des marchés financiers. Le krach boursier de 2008 a englouti la trésorerie d’entreprises qui aurait pu être investie dans la recherche et l’outil de production. N’ayant plus de trésorerie pour investir, les entreprises n’innovent plus, ne développent pas de nouveaux produits, et donc, ne sont plus compétitives. N’étant plus compétitives, elles perdent des marchés, ce qui se traduit par une baisse des bénéfices, et donc, par des licenciements pour compenser ces pertes. Comme l’investissement est l’une des conditions de la création d’emplois à moyen et long terme, les sociétés non financières qui placent leurs bénéfices sur les marchés financiers contribuent à la hausse du chômage.

Cette analyse fait apparaître que ce n’est pas la faiblesse de la croissance du PIB et les gains de productivité qui sont responsable de la hausse du chômage. Étant donné que l’entreprise a besoin de moins de temps de travail, et donc, de moins de salariés pour produire autant, voir plus de biens, les gains de productivité contribuent à réduire ses effectifs. Au lieu d’être un processus positif : gaspiller moins de temps, d’énergie et de matière première pour produire plus, les gains de productivité apparaissent comme un processus négatif. Même si les gains de productivité apparaissent comme les principaux responsables, il ne faut pas oublier que se sont les dirigeants des entreprises qui prennent la décision de licencier des salariés ou de réduire le temps de travail. La responsabilité de la hausse du chômage revient donc aux dirigeants qui ont choisi de licencier des salariés pour réduire les charges salariales. Les bénéfices générés par les gains de productivité et les licenciements peuvent être redistribués par une hausse des salaires ou des investissements. Si l’assemblée générale des actionnaires d’une société non financière décide d’augmenter les investissements, cette solution stimule l’activité économique, la croissance du PIB, et donc, la création d’emplois. Par contre, si elle décide d’augmenter les dividendes ou les placements sur les marchés financiers, ces solutions risquent de provoquer la hausse du chômage. Par conséquent, ce n’est pas la faiblesse de la croissance du PIB et les gains de productivité qui sont responsables de la hausse du chômage, mais le choix de la répartition des bénéfices par les dirigeants d’entreprises et les assemblées générales d’actionnaires.

  • Les bénéfices peuvent favoriser l’émergence de nouvelles branches d’activités.

Les innovations majeures contribuent à détruire des emplois dans les branches d’activités à faible valeur ajoutée (agriculture) et à en créer de nouveau dans les branches à forte valeur ajoutée (informatique et communication). Par exemple, l’informatisation d’un service comptable a permis de remplacer vingt secrétaires comptables par un comptable qui fournit plus de travail en moins de temps. Les emplois peu qualifiés et à faibles valeurs ajoutées de secrétaires comptables ont été remplacés par des emplois très qualifiés et à hautes valeurs ajoutées d’informaticiens qui développent des logiciels de comptabilité. Les deux graphiques ci-dessous présentent le cumul du taux de productivité horaire du travail par branche et l’évolution des effectifs de ces branches de 1950 à 2013.

Le cumul du taux de productivité par branche de 1950 à 2013

Cumul gains prod horaire branche

–  Source : Insee, 6.215 Productivités horaires du travail par branche, comptes nationaux, base 2010,

L’évolution des effectifs par branches de 1950 à 2013

Effectifs par branches

–  Source : Insee, 6.208 Emploi intérieur total par branche en nombre de personnes, comptes nationaux, base 2010.

Ces deux graphiques font apparaître la corrélation entre les gains de productivité et la croissance des effectifs d’une branche d’activité. Plus le cumul des gains de productivité d’une branche est important plus les effectifs de cette branche diminuent. Tandis que de 1950 à 2013, le cumul de la productivité horaire de l’agriculture et de l’industrie ont progressé respectivement de 390 % et de 294 %, sur la même période les effectifs de ces branches ont diminué de 86 % et de 38 %. À l’inverse, plus le cumul des gains de productivité d’une branche est faible, plus ce secteur d’activité crée d’emplois. Tandis que de 1950 à 2013, le cumul de la productivité horaire de la construction, des services marchands et des services non marchands ont respectivement progressé de 117 %, 179 % et 87 %, les effectifs de ces branches ont respectivement augmenté de 71 %, 163 % et 152 %. De 1949 à 2013, les emplois détruits dans l’agriculture et l’industrie ont été déversés dans les services marchands et non marchands.

Ce processus explique le déversement de la main-d’œuvre des secteurs primaires et secondaires vers le secteur tertiaire[10]. Le graphique ci-dessous met en évidence la tertiarisation progressive de l’activité économique sur 60 ans.

Le processus de déversement des salariés en 1950 et 2010

Déversement gains de productivité 2013

–  Source : Insee, 6.209 Emploi intérieur total par branche en nombre d’équivalents temps plein, comptes nationaux, base 2010

En 1950, tandis que les secteurs primaires et secondaires employaient 57 % des effectifs, le secteur tertiaire en employait 42 %. En 2010, les secteurs primaires et secondaires n’employaient plus que 22 % des effectifs. De 1950 à 2010, 35 % des salariés de ces secteurs ont été déversés dans le secteur tertiaire qui, avec 78 % des effectifs, est devenu le premier secteur d’activité en France. Comme le progrès technique, les nouvelles méthodes d’organisation du travail et les restructurations d’entreprise ne cessent de générer toujours plus de gains de productivité, les entreprises auront besoin de moins en moins de salariés. La mise en pratique de nouvelles méthodes de management (Lean Six Sigma) dans les branches des services marchands et non marchands contribue à générer des gains de productivité, et donc, à réduire les effectifs du secteur tertiaire.

Les progrès dans le domaine de l’automatisation, qui comprend les robots, l’intelligence artificielle et les algorithmes, permettront à terme d’automatiser 50 % des métiers à faible et à haute valeur ajoutée. Les métiers qui nécessitent un niveau moyen de qualification (télémarketeurs, analystes, secrétaires, employés de banque, caissières, comptables, conducteurs de trains, etc.) ne seront pas les seuls à être menacés. En effet, à moyen terme, les métiers très qualifiés (experts comptables, traders, journalistes, médecins, avocats, etc.) seront également concernés par l’automatisation. Aujourd’hui, des traders sont progressivement remplacés par des algorithmes qui prennent des décisions à la nanoseconde. En réduisant le nombre d’heures de travail nécessaire pour effectuer une mission, l’automatisation va détruire des millions d’emplois qualifiés. Là où il fallait mobiliser une trentaine d’avocats et de nombreuses heures de travail pour analyser un dossier, rechercher de la documentation et des jurisprudences, avec l’aide de bandes de données et d’algorithmes, il n’en faudra plus que trois. Étant donné qu’il faudra toujours plaider, le métier d’avocat ne disparaîtra pas, mais il en faudra moins. Les métiers qui ne seront pas concernés par l’automatisation sont les moins qualifiés (plongeurs, serveurs, éboueurs, aides-soignantes, femmes de ménage, etc.) et ceux qui font appel à la créativité et à l’imagination (chercheurs, artistes, sportifs de haut niveau, etc.). Les emplois les moins qualifiés, et donc, les moins bien rémunérés seront préservés, car leur automatisation coûterait trop cher. En ce qui concerne les métiers créatifs, ils ne disparaîtront pas, car, pour le moment, les ordinateurs et les robots ne sont pas capables d’imagination, d’émotions et de créativité. Afin d’éviter qu’une couche croissante de la population se retrouve sans emploi et utilité sociale, il devient nécessaire de réduire le temps de travail et de proposer une nouvelle branche d’activités. En absorbant les emplois détruits dans les secteurs tertiaires, cette nouvelle branche permettra d’éviter la hausse du chômage.

La hausse du chômage est un fléau économique, politique et social majeur qui menace le processus démocratique de la France, de l’Europe, des États-Unis et des démocraties occidentales. En ponctionnant plus de 50 % des recettes fiscales de l’État, les coûts directs et indirects du chômage contribuent à creuser la dette publique. Par conséquent, en finir avec le chômage apparaît comme une solution envisageable pour réduire la dette publique et sortir de cette crise systémique. Pour en finir définitivement avec ce fléau, les gouvernements disposent de deux solutions : relancer la croissance du PIB ou réduire le temps de travail. Le choix entre l’une ou l’autre de ces solutions n’est pas un choix économique, mais un choix de société. Afin d’aider nos dirigeants politiques à faire le bon choix, dans la seconde et troisième partie nous étudierons ces deux solutions.

Jean-Christophe Giuliani

Pour accéder aux pages suivantes :

– La croissance du PIB peut-elle supprimer le chômage ?

– La réduction du temps de travail peut-elle supprimer le chômage ?

– Combien d’heures devrions-nous travailler pour supprimer le chômage ?

– La réduction du temps de travail : un choix de société !


[1] Keynes John Maynard, Essais de persuasion, Paris, Gallimard, 1933

[2] Insee, 6.209 Emploi intérieur total par branche en nombre d’équivalents temps plein,  6.202 Valeur ajoutée brute par branche en volume aux prix de l’année précédente chaînés, Comptes nationaux, Base 2010. (Valeur Ajoutée / Volume d’heures travaillées)

[3] Ibid

[4] Le Lean Six Sigma est une méthodologie de management rigoureuse qui s’applique aux processus et non aux problèmes. Son but est d’améliorer la satisfaction des clients et la performance financière de l’entreprise afin de répondre aux objectifs stratégiques définis par la Direction Générale. Le Lean Six Sigma est la fusion de deux méthodes : le Lean et le Six Sigma. Le Lean vise à l’élimination des tâches sans valeur ajoutée et des pertes et à la simplification des processus en vue d’augmenter la fluidité, la flexibilité et l’agilité de l’entreprise. Son objectif est d’accroître la valeur pour le client (valeur définie par le client) et d’améliorer la performance de l’entreprise. Le Six Sigma vise à normaliser et à standardiser les processus afin de les rendre plus fiables, stables et prévisibles et de s’assurer de la reproductibilité « parfaite » du processus pour tendre vers le zéro défaut et la satisfaction des clients.

[5] Insee, 6.208 Emploi intérieur total par branche en nombre de personnes, 6.202 Valeur ajoutée brute par branche en volume aux prix de l’année précédente chaînés, Comptes nationaux, Base 2010

[6] Insee, 6.208 Emploi intérieur total par branche en nombre de personnes, 6.202 Valeur ajoutée brute par branche en volume aux prix de l’année précédente chaînés, Comptes nationaux, Base 2010. (Valeur Ajoutée / Volume d’heures travaillées)

[7] Insee, 1.101 Le produit intérieur brut et ses composantes à prix courants, comptes nationaux, base 2010.

[8] Insee, 1.101 Le produit intérieur brut et ses composantes à prix courants, comptes nationaux, base 2010.

[9] Lipovetsky Gilles, le bonheur paradoxal, Paris, Gallimard, 2006, page 95.

[10] Le secteur primaire correspond aux activités liées à l’extraction des ressources naturelles (agriculture, pêche, exploitation forestière et exploitation minière.) Le secteur secondaire correspond aux activités liées à la transformation des matières premières, qui sont issues du secteur primaire (l’industrie du bois, du textile, aéronautique, automobile, pharmaceutique, électronique, le raffinage du pétrole, la construction, etc.) Le secteur tertiaire regroupe pour l’essentiel des services (conseil, banque, assurance, grande distribution, communication, informatique, médias, tourisme, immobiliers, services aux particuliers, santé, éducation, servies sociaux, etc.)

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