Thèmes abordées

Le choc pétrolier de 1973 a provoqué une crise économique, dont la conséquence directe fut la hausse du chômage. De 1975 à 2013, le nombre de demandeurs d’emploi de la France est officiellement passé de 734 mille à plus de 2,8 millions de personnes. Étant donné que la hausse du chômage a des répercussions économiques, politiques et sociales qui menacent notre qualité de vie et notre processus démocratique, tous les gouvernements qui se sont succédé au pouvoir ont eu l’objectif de lutter contre ce fléau.

En fonction de leurs sensibilités idéologiques, pour sortir de cette crise, relancer la croissance du PIB et donc, inverser la courbe du chômage, des économistes, des politiques et des experts ont proposé de multiples solutions. Ceux qui adhérent à la doctrine ultra-libérale défendent une politique de l’offre. Les rigidités qui pèsent sur la compétitivité des entreprises étant les causes du chômage, pour créer des emplois, il est donc nécessaire de les supprimer . Pour cela, ils proposent de baisser les salaires, de supprimer le SMIC, d’alléger le Code du travail, de supprimer les charges patronales, de libérer les prix, de privatiser les services publics, de développer l’économie autour des services, du divertissement et du tourisme et de faire confiance à la loi naturelle du marché. D’autres, qui défendent une politique de la demande, proposent de relancer la croissance et donc, de créer des emplois en mettant en œuvre une politique économique de type keynésienne. Étant donné que pour eux, le chômage est dû aux gains de productivité, ils favorisent la relance de la croissance du PIB et donc, la création d’emploi, grâce à la consommation. Pour cela, ils proposent d’augmenter les salaires, de renforcer le Code du travail, de réduire la durée légale du temps de travail à 32 heures, de réguler les prix et les marchés financiers, de relocaliser l’industrie, de rétablir les taxes douanières, etc. Tandis que certaines de ces propositions relèvent d’une conception idéologique, d’autres méritent d’être approfondis et pris en considération.

Pour qu’une autre solution soit envisageable, elle doit être en mesure d’apporter du bien-être et d’améliorer la qualité de vie des couches populaires et des classes moyennes, ainsi que des cadres, des chefs d’entreprises, des entrepreneurs, des professions libérales, des agriculteurs, des artisans et des commerçants. Elle doit également être capable de mobiliser les énergies individuelles et collectives autour d’une nouvelle vision de l’avenir viable, atteignable et désirable. Pour être désirable, ce projet devra être en mesure, d’une part, d’assurer les subsistances et d’apporter une amélioration concrète de la qualité de vie, et, d’autre part, de donner à chacun les moyens de structurer le rythme de son existence, de se socialiser, de construire son identité, de participer à la vie sociale, de se distinguer les uns des autres et de s’accomplir. Cette transformation devra également s’accompagner d’un changement de valeurs, de modes de production et de catégories sociales dominantes.

Afin de proposer des solutions pour en finir définitivement avec le chômage, je construirai ma démonstration en trois parties. Dans la première, je commencerai par identifier les causes et conséquences du chômage. Pour cela je tenterai d’abord de quantifier le nombre de demandeur d’emploi et d’actifs sans emploi. Ensuite, j’aborderai les conséquences économiques et sociales du chômage, ainsi que son impact sur le budget de l’État. Afin de proposer des solutions, je poursuivrai cette analyse en étudiant les causes du chômage. Je commencerai, pour cela, par étudier les différentes causes couramment présentées par les industrielles, ainsi que par les économistes et les politiques ultralibéraux. Je poursuivrai ce travail d’investigation en tentant de déceler si les gains de productivité pourraient en être la cause. Les causes identifiées, je terminerai cette étude en proposant deux solutions pour en finir définitivement avec le chômage : la relance de la croissance du PIB ou la réduction du temps de travail. Le choix entre l’une ou l’autre de ces solutions n’est pas un choix économique, mais un choix de société.

Depuis le milieu des années 70, les élites économiques et politiques présentent la croissance du PIB comme la seule solution envisageable pour inverser la courbe du chômage et favoriser le progrès social. Étant donné qu’il existe un lien entre les gains de productivité, la croissance et la création d’emploi, dans la seconde partie, je tenterai d’analyser si la croissance peut être une solution envisageable. Pour cela, je commencerai par calculer le taux de croissance du PIB qui permettra d’en finir avec le chômage. Étant donné que la croissance ne se décrète pas, je poursuivrai ma démonstration en proposant des solutions concrètes pour la relancer. La croissance, qui est pour certains synonymes de bien-être, est souvent présentée comme la condition du progrès social. Je poursuivrai donc ce travail en tentant, d’une part, de confirmer ou d’infirmer cette affirmation avec l’aide de « l’indicateur de santé social », et, d’autre part, de comprendre pourquoi le PIB est un indicateur aveugle. Pour que la croissance soit envisageable, elle doit être viable à moyen et long terme. Je terminerai donc l’étude de cette solution en tentant d’évaluer son impact sur le climat, les stocks de matières premières, les ressources naturelles et la biodiversité.

Étant donné qu’il existe également un lien entre les gains de productivité, la réduction du temps de travail et la création d’emploi, dans la troisième partie, je tenterai d’évaluer si la réduction de la durée légale du temps de travail pourrait être une solution envisageable. Curieusement, malgré le contexte de crise systémique actuel, cette solution n’est pas proposée en débat par les économistes et les partis politiques de droite et de gauche. Je propose donc de relancer à nouveau ce débat, qui s’est clos en 1998, après le passage au 35 heures. Pour cela, je commencerai mon analyse en décrivant les enjeux du temps libre sur le plan individuel et collectif. J’aborderai les enjeux du temps sur le plan individuel, en quantifiant le temps libre d’un employé et d’un cadre et en analysant l’impact de l’emploi du temps sur le mode de vie et la qualité de vie. En m’inspirant des caractéristiques du temps social dominant et de la dynamique des temps sociaux de Roger Sue, je présenterai ensuite les enjeux du temps sur le plan collectif. En présentant une approche historique de la réduction du temps de travail, je poursuivrai ce travail en décrivant comment la conquête du temps libre a provoqué une révolution silencieuse du rapport à la temporalité qui s’est transformé, à partir du milieu des années 70, en crise systémique. Pour finir, je proposerai une équation qui permettra de calculer la durée légale du temps de travail qui permettra d’en finir avec le chômage.

Étant donné que la réduction du temps de travail aura des répercussions sur le pouvoir d’achat des ménages, je proposerai ensuite les moyens de le préserver. Pour cela, je commencerai par calculer le montant d’un revenu optimal et maximum. Après avoir étudié les causes de la hausse des prix de l’alimentation et du logement, je proposerai des solutions concrètes pour augmenter le pouvoir d’achat des ménages sans pénaliser la compétitivité des entreprises.

La réduction du temps de travail n’étant pas un choix économique, je terminerai ma démonstration en tentant de montrer pourquoi elle est la condition d’une transformation sociale et donc, un choix de société. Étant donné qu’il existe un lien étroit entre un modèle social et le rapport à la temporalité, je commencerai par quantifier le temps libre dont disposeront les individus et par proposer un nouvel emploi du temps collectif. Je poursuivrai ma démonstration en présentant les nouvelles activités qui permettront d’organiser le rythme de la société, de se socialiser, de nourrir l’estime de soi, de se distinguer les uns des autres et de s’accomplir autrement que par l’activité professionnelle et la consommation. Étant donné que ces transformations économiques et sociales favoriseront le passage du mode « avoir » au mode « être », je terminerai en montrant comment ce nouveau modèle économique provoquera un changement de mode de vie individuel, ainsi qu’un changement de société, voire de civilisation.

Jean-Christophe Giuliani

Pour accéder aux pages suivantes :

– Quelles sont les causes et conséquences du chômage ?

– La croissance du PIB peut-elle supprimer le chômage ?

– La réduction du temps de travail peut-elle supprimer le chômage ?